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Modèle de commentaire d’une coupe géomorphologique en structure faillée

Dr. Sylla Ibrahima UCAD TIC - Learn With Sylla

Le modèle de commentaire proposé ci-dessous a pour objectif d’aider les étudiants à mieux comprendre la méthode d’analyse d’une coupe géomorphologique. Il ne s’agit pas d’un texte à apprendre par cœur, mais d’un exemple de rédaction illustrant la manière d’organiser les différentes analyses et de les enchaîner de façon logique.

Chaque coupe géomorphologique possède ses propres caractéristiques topographiques, stratigraphiques, lithologiques, tectoniques et géomorphologiques. Le commentaire doit donc toujours être adapté à la coupe étudiée. L’étudiant est invité à observer attentivement la carte géologique, la coupe réalisée et le tableau structural avant de commencer la rédaction.

Le présent modèle constitue un support méthodologique. Certaines informations propres à la feuille étudiée (orientation des failles, regard, type de forme structurale, adaptation du réseau hydrographique, etc.) devront être déterminées à partir de l’observation de la carte géologique et de la coupe.

Enfin, il convient de rappeler qu’un bon commentaire ne consiste pas à décrire uniquement les éléments observés, mais surtout à les interpréter en établissant les relations entre la topographie, la stratigraphie, la lithologie, la tectonique, les formes du relief et le réseau hydrographique. C’est cette démarche d’analyse qui est attendue lors des travaux dirigés et des examens.

Eléments de commentaire d’une coupe géomorphologique en structure faillée

I. Introduction

La coupe géomorphologique est réalisée sur la feuille géologique de Longeau, entre les points 516 wr 309. Elle est orientée du WNW vers l’ESE et mesure environ 9,2 km. L’échelle des longueurs est celle de la carte géologique (1/50 000), tandis que l’échelle des hauteurs est 1/10 000, soit volontairement supérieure afin de mieux mettre en évidence les formes du relief, la dénivellation étant relativement faible..

II. Analyse topographique

Le relief présente une amplitude altitudinale relativement faible, comprise entre 309 m et 546 m, soit une dénivellation d’environ 237 m.

L’observation de la coupe permet de distinguer trois ensembles topographiques.

Le premier ensemble, situé entre le point A et la première grande rupture de pente, constitue la partie la plus élevée de la coupe. Il culmine à 546 m et présente un tracé relativement régulier. Sa surface est faiblement inclinée et peu disséquée.

Le deuxième ensemble est le plus étendu. Ses altitudes varient globalement entre 300 m et 380 m. Son tracé est plus irrégulier en raison de plusieurs vallées qui découpent la surface en interfluves de dimensions variables. Les vallées sont relativement larges et peu encaissées, traduisant une incision modérée.

Le troisième ensemble correspond à la partie terminale de la coupe. Les altitudes y augmentent légèrement avant de diminuer progressivement vers le point B. Son tracé demeure relativement régulier malgré une faible disséction.

Dans l’ensemble, la coupe présente un relief faiblement accidenté dominé par de vastes surfaces tabulaires séparées par plusieurs vallées. La faible amplitude altitudinale, la régularité générale des tracés et la largeur des interfluves traduisent un relief peu disséqué.

III. Analyse stratigraphique

La série étudiée appartient entièrement au Jurassique.

Elle comprend, de la base vers le sommet, les terrains du Sinémurien, du Charmouthien, du Toarcien, de l’Aalénien, du Bajocien, du Bathonien, de l’Oxfordien et du Rauracien-Argovien.

Cette succession traduit une série sédimentaire marine dont les couches sont concordantes. La disposition des formations respecte le principe de superposition, les terrains les plus anciens occupant la base de la série et les plus récents son sommet.

La série est incomplète, certaines couches ayant disparu au cours de l’évolution géologique sous l’effet de l’érosion. Malgré cette disparition locale de quelques niveaux, la succession stratigraphique met en évidence une longue période de sédimentation marine au Jurassique.

IV. Analyse lithologique

La série est constituée essentiellement de calcaires, associés à des marnes et, plus localement, à des calcaires gréseux.

Le faciès dominant est le calcaire, largement représenté dans les différents étages de la série. Il est associé aux marnes dans plusieurs niveaux, notamment au Toarcien, au Charmouthien et au Sinémurien.

La succession des faciès met en évidence une alternance de roches dures et de roches tendres. La série est donc lithologiquement contrastée.

Les calcaires étant nettement majoritaires, les roches dures dominent l’ensemble de la série. Les principaux couples de résistance sont constitués de calcaires résistants alternant avec des niveaux marneux plus tendres.

La prédominance des calcaires confère à la série un caractère globalement dur. Bien que lithologiquement contrastée, elle est dominée par les roches résistantes. Les couches sont donc essentiellement incompétentes, ce qui favorisera des déformations cassantes lors des mouvements tectoniques.

V. Analyse tectonique

Les caractéristiques lithologiques de la série expliquent directement son comportement tectonique. La domination des calcaires, roches dures et incompétentes, rend la série peu apte aux déformations souples. Les contraintes tectoniques se sont donc traduites principalement par des cassures plutôt que par des plissements.

La coupe met en évidence deux failles normales, notées F1 et F2, qui interrompent la continuité stratigraphique et compartimentent la série en plusieurs blocs.

La tectonique est donc essentiellement cassante et confère à l’ensemble une structure tabulaire faillée. Les principales formes structurales observées sur la coupe résultent de ces accidents tectoniques.

VI. Analyse géomorphologique

Les formes observées sur cette coupe résultent de l’action conjointe de la tectonique et de l’érosion différentielle. Elles s’expliquent par une structure tabulaire faillée développée dans une série lithologiquement contrastée mais dominée par des roches dures.

Présentation de la faille F1

  • Type : Faille normale.
  • Âge : Post-jurassique.
  • Orientation : ……………………………………..
  • Regard : ……………………………………..

Le rajeunissement est direct puisque la restitution des couches disparues ne modifie pas le regard de la faille.

Présentation de la faille F2

  • Type : Faille normale.
  • Âge : Post-jurassique.
  • Orientation : ……………………………………..
  • Regard : ……………………………………..

Comme pour la première faille, la restitution des couches disparues montre que le regard demeure inchangé. Il s’agit donc également d’un rajeunissement direct.

Les deux failles compartimentent le relief et donnent naissance aux principales formes structurales observées sur la coupe. Elles délimitent ……………………………………….. (horst ou graben) dont les compartiments présentent des altitudes différentes. Les escarpements de faille constituent les principales ruptures de pente observées.

Après la mise en place de ces formes tectoniques, l’érosion différentielle est intervenue. Les calcaires, plus résistants, ont mieux conservé les reliefs, tandis que les niveaux marneux, plus tendres, ont été préférentiellement excavés, favorisant le développement des vallées et des dépressions. Le modelé actuel résulte ainsi de l’action combinée de la tectonique cassante et de l’érosion différentielle.

VII. Analyse du réseau hydrographique

Le réseau hydrographique est constitué d’une vallée principale et de plusieurs vallées secondaires qui dissèquent les différents compartiments du relief.

Les cours d’eau empruntent préférentiellement les niveaux marneux, moins résistants, traduisant une bonne adaptation à la lithologie.

Par rapport à la structure, le réseau hydrographique est ……………………………………….. (adapté ou inadapté). Les cours d’eau sont ……………………………………….. (cataclinaux, orthoclinaux ou anaclinaux) par rapport au pendage des couches.

Le réseau hydrographique apparaît ainsi adapté à la lithologie et son organisation est localement influencée par les accidents tectoniques.

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